Sur le terrain
Exemples de projets
De la grande métropole à la commune rurale, deux implantations racontées et chiffrées pour se projeter.
Exemple 1 — Un grand chapiteau en métropole
Une compagnie de 20 personnes arrive avec un chapiteau de 500 places dans une grande métropole de plus de 500 000 habitants, pour la période des fêtes de fin d'année.
Elle se met en rapport, 2 ans avant le projet d'installation, avec des opérateurs culturels du territoire et des élu·es de la métropole. Elle les invite à voir le spectacle en tournée et échange avec eux sur la faisabilité de l'opération, ses contraintes, les partenaires potentiels...
Elle va présenter 20 spectacles tout public et prévoit pour cela d'occuper le terrain pendant un peu plus de 2 mois. 7 jours de montage et 7 jours pour le démontage (préparation du terrain, barriérage, 1 chapiteau spectacle, 1 chapiteau accueil public, convoi de 20 caravanes et camions d'habitation) seront nécessaires.
La compagnie met en place un partenariat avec une grande entreprise qui souhaite privatiser le chapiteau pour une soirée « partenaires ». L'entreprise participe ainsi aux coûts de montage et démontage du chapiteau, en achetant une « carte blanche » artistique pour agrémenter sa soirée ainsi que la mise à disposition du chapiteau. Elle fait aussi un apport en industrie en mettant à disposition des engins de levage pour le montage du chapiteau, des engins de terrassement pour mettre le terrain en ordre de marche, ainsi que de grosses armoires électriques nécessaires à la bonne marche des spectacles.
La métropole accorde à la compagnie une exonération du droit de place et une subvention pour soutenir différentes actions en direction des écolier·es du territoire.
La compagnie met en place un partenariat avec un opérateur culturel du territoire qui va intégrer les 20 spectacles à sa programmation et donc prendre en charge la communication et la billetterie pour la compagnie ainsi que la sécurité du public en mettant à disposition 2 personnes qualifiées tous les soirs de spectacle.
La compagnie profite également de cette implantation pour organiser une action de « team building » pour une petite entreprise mécène depuis quelques années, qui finance notamment la communication sur place (bâches publicitaires apposées sur les barrières).
La compagnie se met en relation avec les écoles de cirque du territoire et propose des actions à leur destination, reçoit des étudiant·es en ateliers, échange avec les pratiquant·es. Elle est par ailleurs sollicitée par une école de cinéma d'animation qui recherche une collaboration avec des circassien·nes pour tourner des plans spécifiques. Une demi-journée lui sera consacrée.
La compagnie organise un partenariat avec une entreprise de restauration locale qui prendra en charge l'organisation de la restauration publique en amont et après les spectacles en échange de repas pour les artistes et les technicien·nes.
La compagnie est approchée par des associations locales et l'une d'elles organise une soirée sous le chapiteau dont elle partagera les gains avec la compagnie.
La compagnie organise sous le chapiteau d'accueil des expositions d'artistes plasticiens locaux.
- une dizaine de classes à la rencontre de la compagnie (répétitions publiques, visite du campement et du chapiteau, rencontres avec les artistes)
- des retours presse positifs pour la collectivité et pour la compagnie
- 11 €
- billet moyen
- 16 €
- coût au fauteuil
- + 100 k€
- salaires versés — 2 mois de travail pour une vingtaine de professionnel·les du spectacle vivant
- + 9 000
- spectateurs
| Billetterie | 94 344 € |
|---|---|
| Recettes de bar | 11 803 € |
| Actions culturelles | 2 366 € |
| Soirée entreprise | 13 000 € |
| Subvention Métropole | 12 000 € |
| Aide à l'Itinérance | 8 000 € |
Un bilan à141 513 €équilibré et convaincant
Exemple 2 — Une étape dans une commune rurale
Une compagnie sous un chapiteau de 250 places cherche un point d'étape entre deux implantations (deux contrats de cession). Elle entre en contact avec une commune rurale de 2 500 habitants.
Elle n'a de ce fait pas de coûts de transport à supporter. La commune, enthousiasmée par l'aventure, dispose d'un terrain adéquat qu'elle met à disposition gracieusement, ainsi que les fluides.
La mairie demande à la compagnie la possibilité d'organiser son conseil municipal sous le chapiteau et propose de faire manger les sept personnes de la compagnie à la cantine de l'école.
Installée une dizaine de jours, la troupe présente 3 spectacles tout public plus 1 scolaire avant de reprendre la route.
La compagnie contacte en amont et sur les conseils de la mairie :
- 3 associations de spectacle locales qui mobilisent 35 bénévoles sur la semaine (montage/démontage du chapiteau, gestion et accueil du public…)
- la cave locale qui prend en charge la buvette
- une boutique près du terrain qui met ses sanitaires à disposition
- le conservatoire de musique du territoire qui organise un concert sous le chapiteau en amont des représentations
- les écoles qui remplissent une représentation scolaire (200 enfants accueillis)
La compagnie organise et assure la billetterie (5 €, 9 € et 13 €) et la communication, relayée par la mairie et les acteurs locaux. Les 3 représentations tout public affichent complet.
La compagnie est invitée à revenir l'année suivante pour travailler à son nouveau spectacle. Les partenariats noués seront renouvelés.
- une démarche écologique ayant un coût carbone pratiquement neutre (la compagnie ayant fait une étape intermédiaire sur un trajet auparavant prévu)
- un territoire mobilisé sur une aventure humaine et artistique
- 10,50 €
- billet moyen
- 11,70 €
- coût au fauteuil
- + 10 683 €
- salaires versés — une semaine de travail pour 7 professionnel·les du spectacle vivant
- + 950
- spectateurs
- 200
- enfants accueillis
| Billetterie | 9 000 € |
|---|---|
| Billetterie scolaire | 1 000 € |
| Pass Culture | 120 € |
| FONPEPS | 980 € |
Un bilan à11 100 €équilibré et convaincant